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11 juin 2021, 13:33:41

Dosso Villard / La Dépêche d'Abidjan

Crise ivoirienne / Guy Labertit révèle : ‘’Malgré la crise, la France reste le premier partenaire de la Côte d’Ivoire’’

Dosso Villard / La Dépêche d'Abidjan

Mercredi 11 Août 2010

Guy Labertit ‘’monsieur Afrique’’ du parti socialiste Français, 34ème invité des « petits déjeuners » débat de La Majorité Présidentielle a exposé sur ‘’L’importance de l’Accord Politique de Ouagadougou dans le processus de paix en Côte d’Ivoire’’, le mardi 10 Août 2010 à Cocody les Deux-Plateaux.

Selon Guy Labertit, la gestion de la crise politico-militaire qui a déchiré la Côte d’Ivoire avant de se muer en rébellion a connu deux moments historiques. La gestion de la crise par la France et la communauté internationale, qui en définissaient les grandes lignes de 2002 à 2007 avec les différends Accords et résolutions sur la Côte d’Ivoire et la prise en charge de la crise par les Ivoiriens avec la signature le 4 mars 2007 de l’Accord Politique de Ouagadougou. Si dans la première phase la communauté internationale définissait les modalités de la sortie de crise, ce qui a d’ailleurs fait trainer le processus, Guy Labertit s’est toutefois réjoui du fait que ce ne fut pas le cas dans la seconde phase de la gestion de la crise ivoirienne. ‘’ Dans cette seconde phase, la communauté internationale accompagne le processus de sortie de crise et n’en dicte plus les modalités (…) La raison première de l’échec politique de la gestion de la crise est, à mon sens, la non reconnaissance de fait de l’autorité, voire même de l’existence du Chef de l’Etat élu. Il est significatif de constater que le GTI n’a jamais cité dans ses déclarations officielles la fonction de Chef de l’Etat ni, a fortiori, mentionné son nom (…). La force de l’Accord Politique de Ouagadougou qui va engager le deuxième moment historique de la crise, est la renaissance mutuelle de tous les acteurs politiques Ivoiriens, quels que soient les actes qu’ils ont posés (…) L’APO est un antidote au vertige occidental. Je souhaite que la Côte d’Ivoire réussisse l’APO et retrouve la paix. La Côte d’Ivoire est le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest. Malgré la crise, la France reste le premier partenaire commercial de la Côte d’Ivoire ’’, a précisé Guy Labertit. Estimant que les dernières modalités d’application de l’APO sont en train d’être satisfaites avec la fixation de la date de l’élection présidentielle au 31 Octobre 2010. Très optimiste, l’auteur de « Côte d’Ivoire sur le sentier de la paix » va plus loin et précise que ‘’le bout du sentier va déboucher sur une clairière qui sera celle de la paix durable et d’un nouveau départ pour une Côte d’Ivoire à la fois forte, parce que unie, démocratique, parce que traversée par des débats politiques légitimes, et respectée au sein de la communauté internationale, car au plus haut niveau de l’Etat dont l’autorité a été préservée malgré toutes les tentatives de l’abattre, la dignité a toujours prévalu quoi qu’elle ait pu en coûter’’. Revenant sur la tentative de coup d’Etat manqué le 19 septembre 2002 qui a coûté la vie à plusieurs autorités ivoiriennes, le conférencier l’a liée à la défaite de Lionel Jospin, candidat malheureux du PS face à Jacques Chirac. ‘’Si Lionel Jospin était élu, la Côte d’Ivoire n’aurait pas connu de coup d’Etat en septembre 2002’’, a-t-il affirmé. Guy Labertit a dénoncé le traitement ‘’inhumain’’ qu’a subi Pascal Affi N’Guessan, le vendredi 6 Août 2010 à l’aéroport Roissy Charles De Gaule de Paris. Avant de soutenir Laurent Gbagbo pour avoir boycotté la fête du 14 juillet à Paris. Pour lui,’’ jamais un soldat français ne meurt de façon accidentelle sans autopsie. On ne sait pas exactement et scientifiquement comment les soldats Français sont morts. Lorsque les pilotes biélorusses ont été interceptés à la frontière togolo-ghanéenne, la France pendant 10 jours a résisté pour qu’on leur laisse continuer leur route ‘’. Pour étayer ses propos, l’invité des communicateurs bénévoles pour le plébiscite de Laurent Gbagbo s’est appesanti sur les récents rapports sur la mort de Patrice Lumumba depuis 1961. ‘’C’est aujourd’hui qu’on sait la responsabilité des agents de l’ONU dans la mort de Patrice Lumumba (…) Et vous verrez dans cette affaire franco-ivoirienne, c’est quand les principaux acteurs auront disparu que toutes les archives sortiront et on saura exactement ce qui s’est passé de 2002 à 2004’’, a conclu Guy Labertit.