Biographie

Guy Labertit

Précédé par Michel, Claude et Bernard, Guy Labertit, dernier de la fratrie, voit le jour dans une maternité de la rue de la Marne à Libourne, sous-préfecture de la Gironde, par une fin d’après-midi de printemps, le 2 avril 1949. C’est alors la maternité la plus proche du petit village d’un gros millier d’habitants, Cavignac, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Bordeaux où il vit une enfance tranquille et plutôt bucolique. A 9 ans, adieu la campagne ! Il se retrouve dans la banlieue bordelaise rive gauche, à Pessac, au gré des mutations dans la gendarmerie de son père qui a, comme sa mère, des racines landaises et ouvrières ; lui est sandalier et elle, bouchonnière, quand il se sont mariés. C'est à l'école Aristide Briand qu'il achève sa scolarité élémentaire. Un an plus tard, en octobre 1959, Guy est interne au lycée d’état mixte de Talence où il reçoit des cours de solfège et de piano pendant ses trois ans d’internat. Libéré de son statut d’interne grâce au cadeau de ses parents d’une bicyclette pour ses treize ans, il donne libre cours à sa passion pour le cyclisme. Son frère Claude, normalien déjà bachelier, lui fait découvrir très jeune l’univers poétique des Arthur Rimbaud, Paul Verlaine et Guillaume Apollinaire et les 45 tours de Brassens, Piaf, Brel, Ferré en matière de variétés françaises et du Ray Charles de Georgia et What did I say… C’est le temps des premiers poèmes dont il met certains en musique sur un piano d’études dès 1965.

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Jean Labertit à 21 ans

en 1930

Marthe Meilhan à 18 ans

en 1930

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Cette année-là, il fait un premier voyage en Espagne en août dans le cadre de cours de vacances, et obtient, l’année suivante un bac série philosophie. Il s’inscrit à l’Institut d’études ibériques et ibéro américaines de la faculté des lettres de Bordeaux. Son goût pour la chanson l’emporte sur son engouement pour le cyclisme. Il continue d’en composer et tente une audition au cabaret L’Onyx qui vient d’ouvrir à Bordeaux non loin du quartier Saint Michel, mais il n’est pas engagé. La prude, ultime titre de son premier album date de cette époque …


Le mouvement étudiant de mai 1968, il vient d’avoir 19 ans, le conduit à s’engager à L’UNEF (Union nationale des étudiants de France) dans l’action syndicale et associative. Il lui arrive, s’accompagnant au piano, d’interpréter ses chansons dans la faculté des lettres de Bordeaux occupée. Licencié d’espagnol en 1969, il préside la section de la MNEF (mutuelle étudiante) de Bordeaux en 1971 tout en achevant une maîtrise de lettres. Reçu au Capes d’espagnol en 1972, il se destine à l’enseignement dans les collèges et lycées.

Son activisme en milieu étudiant l’a fait se lier d’amitié avec de nombreux étudiants africains très présents dans l’Académie de Bordeaux au sein de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France, de tradition anti colonialiste, ainsi qu’avec des étudiants antillais et latino américains. Son engagement dans l’action internationale, en premier lieu vers l’Afrique, mais aussi la Caraïbe, l’Amérique centrale et du Sud va marquer pendant des décennies son itinéraire politique qui l’éloigne de son monde poétique et musical.


En 1973 et 1976, deux voyages en Afrique de l’Ouest –Togo, Dahomey, aujourd’hui Bénin- Niger et Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso- , pendant les grandes vacances scolaires, ainsi qu’un plus bref séjour au Maroc, vont nourrir, après l’explosion de mai 1968, son désir de changer la vie, de changer le monde. Il enseigne de 1973 à 1976 au lycée Rémi Belleau de Nogent le Rotrou en Eure et Loir. Très engagé dans la vie syndicale, il exerce des responsabilités au sein du Syndicat national des enseignants du second degré (SNES) et de la Fédération de l’éducation nationale (FEN) dans le département d’Eure et Loir et l’académie d’Orléans-Tours.

Il est nommé à la rentrée de septembre 1976, à sa demande, en région parisienne, dans la ville populaire et très cosmopolite de Vitry sur Seine, dans le Val de Marne, où il réside encore aujourd’hui. En marge de ses activités professionnelles, il privilégie une action associative multiforme dominée par la solidarité internationale : groupe d’information sur le Tchad où la France intervient militairement, amis de la RASD (Sahara), Cedetim (centre d’études anti-impérialistes). A partir de 1979, il collabore à la revue Libération Afrique qui va élargir son champ rédactionnel à la Caraïbe et au Pacifique.

Laurent GBAGBO et Guy LABERTIT

C’est dans ce cadre qu’il rencontre en juin 1982, à l’occasion d’un débat, l’universitaire ivoirien Laurent Gbagbo, alors directeur de l’Institut d’Histoire et d’Archéologie d’Abidjan, opposant politique à Houphouët-Boigny, contraint à l’exil en France depuis avril 1982. Ils se lient d’amitié et leur compagnonnage politique aussi bien des bons que des mauvais jours effectif en 2021. Ancien réfugié politique en France, Laurent Gbagbo, à son retour en Côte d’Ivoire en septembre 1988, a dirigé l’opposition à tête du Front populaire ivoirien ( FPI ) avant d’être élu président de son pays en octobre 2000. Cette rencontre revêt une autre dimension moins connue qui est celle de la poésie et de la musique. Laurent Gbagbo, va initier Guy Labertit à la guitare qu’il maîtrise comme l’harmonium – il est ancien séminariste- et le piano. Ils vont partager à Vitry et en France pendant plus de cinq ans des univers culturels éclectiques. Deux chansons du premier album de Guy Labertit, qui s’accompagne avec la fameuse guitare acoustique alors offerte à Laurent Gbagbo, évoquent cette période.

Guy Labertit et Gbagbo Laurent

De 1983 à 1986, Guy Labertit dirige la revue Libération Afrique Caraïbe Pacifique consacrant un numéro spécial à la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Cela lui donne l'occasion de rencontrer le mythique capitaine Thomos Sankara, chef de l'Etat de ce pays, qu’il va fréquenter de 1984 à 1987, année de son assassinat.

 

De 1984 à 1998, il collabore aux publications L’Etat du monde, L’Etat du Tiers monde, L’Etat de la France des Editions La Découverte.


Toujours actif dans les milieux associatifs, il rejoint tardivement le monde politique français en adhérant au début de 1984 au Parti socialiste unifié (PSU), petit parti de tradition anticolonialiste, en déclin depuis le départ en 1974 de son dirigeant historique Michel Rocard pour le PS de François

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 Mitterrand. En 1984, le PSU est représenté dans le gouvernement d’union de la gauche par la seule Huguette Bouchardeau. De 1986 à 1990, Guy Labertit en est le secrétaire national chargé des relations internationales et des questions de Défense.

Il mène ou participe dans ce cadre à des missions en Algérie, en République arabe saharouie démocratique, en Libye, en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso à plusieurs reprises, à Moscou dans l’URSS de Gorbachev, etc… En 1988, Il est très actif dans la campagne présidentielle de Pierre Juquin, dissident du Parti communiste, qui rassemble des milieux d’extrême gauche.

Le PSU étant dissout en 1990, il rejoint le Parti socialiste en mars 1991 où il devient membre du secrétariat international à partir de mai 1991 jusqu’en octobre 2006. Délégué national à l'Afrique du PS de 1993 à 2006, il anime la commission Afrique du PS.

Il est le conseiller Afrique de Pierre Mauroy, président de l’Internationale socialiste de 1992 à 1999. Il participe activement à la campagne présidentielle de Lionel Jospin en 1995 sur la base de son rapport « Pour un nouveau partenariat de la France avec l’Afrique qui bouge ». De 1995 à 1997, il participe à la réflexion politique de ce dernier, de nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste, sur les rapports avec l’Afrique.
 

En 1997, alors qu’il enseigne depuis onze ans au lycée Romain Rolland d’Ivry sur Seine, Guy Labertit est mis à disposition de La Fondation Jean-Jaurès, une fondation politique que préside l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy. Au département international, il y est responsable de la coopération avec l’Afrique de 1997 à 2006 et l’Amérique latine de 2000 à 2006. Ces différentes fonctions au long des années 1990 et 2000 se traduisent par plus d’une centaine de missions, en premier lieu en Afrique dans 29 pays de la Côte d’Ivoire au Kénya, en passant par l’Angola, le Niger, le Mali, le Sénégal, le Cameroun, les deux Congos et l’Afrique du Sud post-apartheid, mais aussi en Amérique du Sud où il se rend une vingtaine de fois, principalement au Pérou et en Argentine, mais aussi en Uruguay, au Paraguay, au Chili et en Equateur.

Il a été membre du Haut conseil de la Coopération internationale de 1999 à 2002, au titre de la Fondation Jean-Jaurès. Cette nouvelle institution a été créée par L. Jospin, Premier ministre de la France de 1997 à 2002.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l’école maternelle dans cette ville monde. L’action citoyenne que mène dans la cité val de marnaise cet ancien batteur attitré de Johnny Hallyday est à l’origine d’une amitié notamment fondée sur une approche poétique et musicale partagée avec Guy Labertit. Depuis les années 2010, ce dernier a repris discrètement ses activités d’écriture et de mise en musique de poèmes, répondant en décembre 2012 à une invitation sur scène du reggaeman ivoirien Komandant Simi Ol au Point éphémère.

 

Guy Labertit

 Sur la base de convictions et de valeurs partagées, il noue des relations très fortes avec de nombreux responsables politiques de partis membres de l’Internationale socialiste dont plusieurs deviendront chefs d’Etat, Laurent Gbagbo, Mahamadou Issoufou et Pedro Pires, mais aussi Ibrahim Boubacar Keita et Alpha Condé. D’autres resteront des opposants historiques à l’image de John    Fru Ndi au Cameroun ou Joseph Ki Zerbo au Burkina Faso. D’autres paieront de leur vie leur engagement démocratique comme Ibni Oumar Mahamat Saleh avec qui il était lié depuis 1975 et qui a été assassiné au Tchad en février 2008, à 59 ans.

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De la fin des années 1970 aux années 2010, Guy Labertit a été l’auteur d’un très grand nombre d’articles, de tribunes libres, d’analyses dans la presse quotidienne nationale, dans de nombreux hebdomadaires, mensuels et revues. Il a publié trois essais. Deux aux éditions Autre temps concernant la Côte d’Ivoire ont pour titre Adieu Abidjan sur Seine (les coulisses du conflit ivoirien) en 2008, et Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix en 2010. Le troisième, paru en 2013, est consacré au Tchad et a pour titre Ibni, une vie politique assassinée au Tchad


Cette action politique internationale si riche en relations humaines va de pair avec un engagement citoyen local à Vitry sur Seine où il s’est fixé dès 1976 et une participation directe à la vie politique dès 1985 alors qu’il est au PSU.

Elle sera effective jusqu’en juin 2020.

 Il a été conseiller municipal de 1995 à 2008, président le groupe socialiste de 2001 à 2008. Se retirant en 2008, alors qu’il vient d’engager des activités de consultant auxquelles il met fin en 2012, il sera adjoint au maire de cette première ville du Val de Marne de près de 100 000 habitants d’avril 2014 à juin 2020.

C’est dans le cadre de cette dernière fonction où il est notamment chargé de la promotion des cultures du monde qu’il rencontre en décembre 2016 le musicien réalisateur Franck Ballier, résidant alors à Vitry, et porteur d’un projet « Musique pour tous » destiné à l’éveil musical des enfants dès

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Le Maire et les adjoints

C’est dans cette dynamique que Franck Ballier a arrangé et réalisé le premier album acoustique de 15 titres produit fin 2019 par Guy Labertit à L’espace musique de Vitry, les clips étant enregistrés au studio Hocco et réalisés en février 2020 par Yann Jenny. Un EP est en cours de préparation et sa sortie est prévue en 2021. Il est réalisé par Franck Ballier, directeur musical, qui intervient aussi en tant que batteur en collaboration avec les musiciens Jean-Luc Chapelon, ancien clavier de Johnny Hallyday, le guitariste Sylvain Laforge, accompagnateur des Rita Mitsouko et Catherine Ringer, Ibrahima Faty comme second guitariste, les bassistes Emeline Fougeray et Swaéli Mbappé et Mamoudou Cissoko, dit Mamko , à la kora.                                                                                                                                                                                                                                                                                           7 Mai 2021

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